HISTOIRE DU VILLAGE

OURTON vient de deux mots celtiques : Or signifiait rivière (La Biette) et Thum désignant une habitation. La voie romaine de Béthune à Saint Pol passait à Ourton. Au Ve siècle, le chef des Francs, Clovis, vint à Ourton où il avait une propriété, entre le bois de Beugin et le village d’aujourd’hui.

Ci-dessous, l’historique du village :

Ourton - Carte Postal Ancienne

banniere-temps-anciensDans des temps bien reculés, notre région fut habitée. C’est ce que prouvent les vestiges préhistoriques exhumés; silex taillés découverts à Labuissiére, harpons, haches ou outils trouvés à Vaudricourt et ailleurs.

Et plusieurs siècle avant J-C les Celtes envahirent notre pays .A l’époque de jules césar, deux tribus celtiques occupaient notre région d’un côté vers la merles Morin et de l’autre côté les Atrébates. Le pays était très boisé.

On croit déjà à l’existence, en ce temps-là, d’OURTON puisque d’après son épiymologie, ce nom viendrait de deux celtique : Or qui veut dire rivière et Thun, habitation. Il y a, en effet, chez nous, la Biette, petite rivière, qui se jette dans la Lawe à Bruay. Près de notre cours d’eau, alimenté d’un côté par le versant des collines d’Artois qui se surplombent à pic et de l’autre côté par le versant des collines de Pernes. Y-avait-il quelques habitations? Nous nous ne le saurons jamais.

Mais, nous sommes certains que, pendant la période gallo-romaine, on connaissait 4 voies romaines et celle de Béthune à Saint-Pol-sur-Ternoise passait à OURTON, après avoir coupé à Divion la chaussée Brunehaut dans son tronçon Arras-Thérouanne. Plus tard, au 5ième siècle, le chef des Francs, Clovis vint à OURTON où il avait villas et propriétés, entre le bois actuel de Beugin-Houdain et le village d’aujourd’hui. Le roi donna sa terre, lors de son baptême à l’évêque Saint Rémi qui la légua à son disciple Saint Vaast, l’évêque d’Arras. Celui-ci, à sa mort, la transmis à son abbaye des moines de Saint Vaast à Arras qui la garda jusqu’à la Révolution. Dans la dévolution des biens ecclésiastiques qui se fit alors, cette terre fut attribuée aux hospices d’Arras qui la conservent et recouvrent encore chaque année fermage de locataires.

Saint Vaast vint certainement dans notre région et à OURTON. Une chapelle, qui fut construite en son temps à la sortie du village vers Divion, lui fut ensuite dédiée et nous devinons facilement pourquoi nos ancêtres ont choisi Saint Vaast comme patron de la paroisse qui célèbre sa fête le 6 février.

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Après les Mérovingiens qui honorèrent notre territoire avec Clovis, nous connûmes la race des Mélovingiens. Le premier de leur roi, Pépin le Bref était aussi un gros propriétaire qui allait visiter ses domaines royaux auxquels étaient attachés des paysans en servage. L’un de ses plus beaux domaines se trouvait à Aire-sur-la-Lys où furent élevés ses enfants entre autre, Charlemagne et Sainte Isbergues. Nous comprenons alors que cette dernière soit restée dans la région, et que, sous la direction et les conseils de l’Hermite Saint Venant, elle fonda à Aire un monastère de moniales dont elle était l’abbesse. A sa mort, elle eut son sépulcre à Isbergues où nous allons parfois la prier et la servir. Nous savons ce que devint Charlemagne qui succède à son père en 768. C’est à la fin de son règne qu’apparurent les normands.

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Et pendant plus d’un siècle, jusqu’au traité de Saint-Clair-sur-Eppe (912), les « ravages causés par les invasions normandes sont indicibles; les ruines accumulées sur leur passage impossibles à dénombrer, plusieurs abbayes furent détruites. Des populations entières furent chassées ou exterminées.
Après le départ des Scandinaves, le pays était à peu près inculte ou désert, barbare et sauvage. Ils remontaient en général le cours des fleuves et des rivières. Avons-nous été épargnés à cause de nos hauteurs et de nos bois. Peut-être? En tout cas, Camblain en 879 et Houdain en 882 furent des localités détruites.

C’est parce qu’ils étaient incapables de chasser ces pillards que les rois autorisèrent les chefs militaires à défendre eux-mêmes leur petit territoire, leur fief.

Aussi partout, furent édifiées de petites forteresses. Et les paysans travaillèrent à la construction des châteaux forts. Le chef ou Seigneur devenait le protecteur des populations qui trouvaient asile dans le château en cas d’attaque. En échange, la population devait assurer la subsistance du Seigneur et de ses gens d’armes.

Nous arrivons ainsi au Moyen-Age et nous soulignons que notre région fut sous la domination des Comtes de Flandres de la fin du 9ème siècle à la fin du 12ème siècle.

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Et OURTON eut alors comme partout son château féodal avec son seigneur, sa chapelle ou église, ses serfs et ses manants, ses habitations adossées au flanc de la colline et voisines du donjon et des murs crénelés, son four seigneuriale, son pigeonnier….
Ce château fut construit petit à petit aux cimes Nord-Est du bosquet Ferrail qui est le monticule le plus élevé de chez nous. De ce site, la vue plonge dans les lointains, et on a le ruisseau « la Biette » qui coule en bas d’un très long ravin qui a plus de 30 mètres de hauteur.

De ce château, on retrouve encore quelques rares vestiges de fondation et surtout quelques soupçons de souterrains dont l’un se décèle au Montaigut.

Bien plus, de notre château disparu subsistent des traces de l’enceinte et des remparts à cet endroit dénommé « château de tartarin » par nos très vieux qui prétendaient qu’en faisant des fouilles, on retrouverait des choses intéressantes.

Il y a quelques années, à 20 mètres environ de ce lieu désigné et en extirpant les racines d’un arbre pour défrichement, un cultivateur n’a-t-il pas mis à jour un pot de grés dans lequel dormaient une trentaine de pièces de monnaie à l’effigie de Charles Quint et de Philippe d’Espagne.

L’église attenante au château, ou mieux l’autel du village appartenant à l’abbaye d’Anchin à laquelle il avait été concédé en 1079 par Gérard……évêque de Cambrai et d’Arras. L’abbaye recevait le 6ème de la dime, mais par contre elle devait aide matérielle et tutelle de toutes sortes à l’Eglise.

Le village donna son nom à son Patronnet Seigneur, à une famille chevaleresque qui s’illustra en maintes circonstances pendant le 4ème siècle et qui possédait 3 chevrons dans ses armoiries et avait même son sceau (le sceau d’Eloi d’ OURTON).

En effet, le premier des seigneurs d’OURTON fut Eloi d’OURTON qui vivait en 1071. De ses descendants, nous ne connaissons que les noms de Gilles d’OURTON existant en 1220, d’Enguerrand d’OURTON et de son petit-fils Hugues d’OURTON.

La terre d’OURTON fut portée dans la famille de Vignacourt (de Camblain) (branche des barons de Pernes) par le mariage de Marie Angrale, dame d’OURTON avec Louis de Vignacourt le 14/01/1429. Elle était la fille de Jacques, seigneur d’OURTON et de Jeanne de Crespieul.

Nous citerons parmi les descendants Ghislain de Vignacourt, chambellan de Marie, reine de Hongrie et gouvernante des Pays-Bas; Charles, son fils, gouverneur de Binche en 1563 et Antoine, chevalier du Saint-Empire en 1595.
En 1783, Marie de Vignacourt, veuve de Jean-François, marquis de Louvancourt, achète moyennant 267 000 livres le domaine d’OURTON et y ajouta la seigneurie du Plouich qui contenait 84 mesures au chemin de Bours et ainsi les Vignacourt (en 1789) possédaient une grosse partie du domaine d’OURTON.
Celui-ci était de la mouvance du château de Lannoy en Gonnehem et pour cela relevait de celui de Lens, comme d’ailleurs aussi un bois et quatre fiefs sis dans la paroisse et qui appartenait à la famille de Brias.

Alors, nous comprenons l’épitaphe de la belle pierre tombale en marbre qui vient de l’ancienne église et qui relate la mort de Jean-Baptiste Deladiennée le 15/04/1731, fermier dans la ferme de l’Abbé de Brias. Cet abbé fut évêque de Saint-Omer (1671) puis archevêque de Cambrai (1675).

Il y avait quelques fermes en propriétés ou en censive, et nous citerons les Dorge, Dissaux, Delassus, Deladiennée, Defief, Petit, Capron, Cousin, Boucly, Delcour, Caullet….

Chacun payait ses impôts, c’est-à-dire la dîme et les droits de terrage et de relief et d’afforage et de chaînage et d’aide et de banalité de four et de moulin…..

Ce n’était pas mieux hier qu’aujourd’hui, mais la douloureuse n’est pas moindre aujourd’hui qu’hier !

Notons en passant que nos ancêtres ne se plaignaient pas de leurs maîtres ou de la société telle qu’elle était organisée alors et, dans les cahiers du Tiers-Etat, ils n’élevaient aucune revendication comme dans certains endroits.

Le village comptait alors 273 habitants et la tradition nous dit qu’à cette époque, les familles OURTONnaises étaient vraiment patriarcales et que l’autorité paternelle était scrupuleusement respectée. Population de travailleurs acharnés, sans grande histoire, vivant d’un peu d’élevage et de la culture, surtout du blé et du lin dont on extrayait l’huile.
Les pratiques chrétiennes étaient en honneur, les sacrements fréquentés. Chacun accomplissait son devoir pascal; le dimanche, les travaux cessaient et les cabarets étaient fermés pendant les offices.

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Remontons maintenant 6 siècles en arrière.
Nous sommes alors au temps des Croisades. Quelques seigneurs des environs partirent pour les lieux saints, entre autre Hugues d’Ohlain et Gozon de Camblain qui rentrèrent de leur expédition, mais combien ne revinrent pas tel le seigneur d’Haillicourt. A leur retour vers 1210, Gozon fit construire à Camblain un château de style mauresque avec minarets et croissants; et Hugues, le château féodal d’Ohlain. Celui que nous connaissons et qui est encore si historique avec ses fossés, son pont-levis, ses deux grosses tours aux mâchicoulis et créneaux, son donjon aux 98 marches, sa belle salle de gardes, dont on admire les ornements et l’ogive a été édifiée en 1407 par le célèbre seigneur Jean de Nielles, ami de Jean-sans-peur et qui joua un très grand rôle en son temps.
Sa fille Marie épousa Jean de Berghes et leur dalle funéraire se voit encore en l’église de Fresnicourt.

Ce château est une des curiosités historiques de nos alentours avec la Croix de Grés de Divion, le Gall enchaîné de Gauchin, le dolmen de Verdrel, le donjon de Bours et celui de La Buissière.

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Voici maintenant avec les anglais, la guerre de Cent Ans qui évolue entre 1337 à 1453, et dont l’une des causes sans doute est le rôle que joua l’astucieuse Jeanne de Divion, faussaire, empoisonneuse et brûlée vive à Paris qui avait tant intrigué pour faire donner l’Artois à Robert d’Artois. Ce dernier, déçu et aigri passa au service des Anglais qu’il exita contre le roi de France. Et nous autres, nous restons sous la même domination, comme au temps de Mahaut, comtesses d’Artois et de Bourgogne (morte en 1329) qui avait pour résidence fréquente le château de Gosnay où vint en 1341 le duc de Bourgogne pour prendre disposition pour la guerre.
En 1346, c’est la bataille indécise de Crécy et l’année suivante, les anglais viennent assiéger en vain Béthune.
En 1356, Jean le Bon est battu à Poitiers et beaucoup de villages d’Artois (Hesdigneul, La Buissière, Houdain, OURTON furent mis à contribution pour payer la rançon des 300 000 écus au roi prisonnier à Londres.
En 1361, Bruay est ravagé, et 19 ans après, l’anglais Buckingham loge à Bruay les Buissières.
En 1415, c’est le désastre d’Azincourt où trouvent la mort le seigneur de Camblain et ses 2 fils: Vitard de Bours et moult seigneurs de notre région.
En 1430, après le honteux traité de Troyes, Auchel assiégé est pris et son défenseur Anthime de Béthune est massacré par la soldatesque, dans la cour du château.

Tous ces événements et tant d’autres atteignant notre région, furent connus de nos ancêtres qui en parlèrent et qui pendant un siècle furent comme dans des transes perpétuelles à l’approche des ennemis ou devant incursions et réquisitions, ou pendant le passage des hommes d’armes sur les voies de Saint-Pol à Béthune et de Thérouanne à Arras.

Entendirent-ils parler de Jeanne d’Arc, de ses victoires, de ses exploits et de son emprisonnement à Arras et de sa mort à Rouen ?
Les nouvelles, quoique parfois tardives, durent leur parvenir et sans doute se réjouirent-ils quand l’anglais fut refoulé dans son île, ne conservant plus que Calais.

Hélas ! Après la guerre de 100 ans, notre région ne connut pas la paix. Rattachée à la maison de Bourgogne, avait été notre Artois que les Français voudront reprendre: aussi, notre contrée va devenir un véritable champ de bataille pour les deux adversaires.

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Louis XI craint le terrible Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, seigneur de Béthune et qui séjourna plusieurs fois dans son château de Gosnay où mourut sa mère, Isabelle de Portugal. A la disparition du Téméraire, tué sous les murs de Nancy (1477), Louis XI assiège à Béthune, Lens et Arras et s’empare de presque tout le pays. Mais Maximilien d’Autiche, qui avait épousé Marie de Bourgogne arrive. La contrée est parcourue par les soldats des 2 armées adverses et ce fut la bataille indécise d’Enguinegatte en 1479, suivie du traité d’Arras favorable à Louis XI qui obtenait la possession de l’Artois. Seulement, Charles VIII, son successeur, délaisse trop sa nouvelle province. Alors, Maximilien lance ses lansquenets qui ravagent tout entre Arras et Béthune, et par le traité de Senlis (1493), l’Artois reste annexé à la Bourgogne.
Ensuite, alors que nos armées se battent en Normandie, les Alliés attaquent la frontière du Nord. Thérouanne capitule. Les Français accourent et dévastent sur leur passage Lens et Grenay, et se battent de nouveau en 1513 à Enguinegatte. Ce fût la fameuse « journée des Eperons ».

Que de ruines et de dévastations partout ! Le pire n’était pas encore venu, car pendant tout le règne de François Ier, on batailla sans cesse dans notre région et nous connûmes dans toute leur horreur, les guerres désastreuses du 16ème siècle.

C’est ainsi qu’en 1522, une armée conduite par Vendôme part de Monchy-Cayeux, s’adjoint des renforts venus de Montreuil et, prenant le chemin de Béthune,(qui traverse le bois Louis) s’empare du château de Diéval, de celui de Bruay (qui était situé entre 2 bras de la Lawe) et même de celui de Divion (construit au 13ème siècle) forteresse féodal de premier ordre, entourée d’eau, flanquée de 14 tourelles constituant un danger perpétuel pour la frontière française.

Quatorze habitants de Divion furent pendus devant la porte d’entrée pour avoir défendu courageusement leur seigneur.

Souvent reviennent les noms des principales places fortes de notre région: Thérouanne, Aire, Béthune, Saint Pol; Hesdin et Lens.

Viendra la trêve de Crépy. Mais quelques temps après, les hostilités reprennent.

François Ier s’empare de Lillers et de Saint Venant et conduit ses troupes s’établir sur les hauteurs de Pernes, afin de combattre les Impériaux cantonnés à Béthune (1537). Puis les français s’en vont camper à La Comté et le roi couche dans le château qui se trouvait à côté de la ferme actuelle dite le Pigeonnier. C’est aussitôt le désastre pour nous et nos environs.

L’année d’auparavant (1536), OURTON et les alentours avaient été grêlés et « blés et avêtis gastés par la foudre du ciel ». Il régnait donc déjà beaucoup disette et misère.

Mais épouvantable est l’invasion en 1537 des troupes françaises qui mettent le feu au village tellement que les maisons auraient été toutes brûlées hors 5 ou 6 qui étaient les plus pauvres masures du terroir. Le château est pris et mis en ruines. L’église est pillée et « robée », les « cloques emportées ».

Les habitants sont obligés de s’enfuir vers Béthune, en abandonnant grains et meubles dont s’emparent les troupes avec presque tous les chevaux et bestiaux du village.

L’année suivante, les récoltes furent de peu d’importance et en 1539, beaucoup de terres étaient encore à riez.

En 1547, les français firent plusieurs apparitions dans le village. Ils enlevèrent 20 bêtes à cornes et 16 chevaux et emmenèrent 5 prisonniers.

Les habitants durent à cette époque quitter plusieurs fois leur terroir en délaissant tous leurs biens qui furent sans cesse pillés. A la suite de ces pertes, les impôts ne purent être payes; mais on les remit à chacun.

Ce fut donc, et + encore qu’en 1939 ou en 1944, une désolation indescriptible: OURTON devient alors un véritable désert.

Et ce qui se passa chez nous, exista de même pour la sence d’Estréeelles, pour Divion, Camblain-Chatelain, Calonne-Ricouart, Beugin, Rebreuve, Ruitz, Ranchicourt, Caucourt, Estrée-Cauchy, Hersin, La Buissière… et la plupart de ces villages furent pillés 2 fois au moins.

En 1543, troupes italiennes ou espagnoles au service de l’Empereur rivalisèrent dans la destruction avec les bandes de François Ier. A peine ceux-ci étaient-ils partis que les autres arrivaient et c’est ainsi qu’en même année, Calonne, La Buissière Rebreuve…connurent double incursion, double pillage et double saccage.

En 1549, Charles Quint fait une entrée triomphale à Béthune. Les Impériaux occupent alors Arras, tandis que les français sont maîtres d’Hesdin et de Thérouanne.

En 1553, l’empereur s’empare de Thérouanne qu’il fait raser de fond en comble. Des troupes françaises venues de Picardie et des bandes armées pillent et brûlent sur leur passage de nombreux villages (Gouy, Servin et en partie Ohlain).

Lens est pris, brûlé, reperdu, repris par les français de 1554 à 1557.

Et finalement, nous connaissons avec la reprise de Calais en 1559, la paix de Cateau-Cambrésis qui met fin pour presque 1 siècle à cette longue période de guerres et de misères.

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Que se passe-t-il après cette tourmente qui, comme un ouragan, a tout emporté? On profite d’une ère de tranquillité pour reconstruire, travailler et défricher à nouveau.

Mais OURTON se déplace, c’est-à-dire que la grosse partie de ses maisons se existeront à gauche en aval du ruisseau «La Biette », et non plus comme la plupart l’étaient jadis au Montaigut ou sur les crêtes de la haute colline qui dominait le premier château.

L’église est édifiée à l’endroit où se trouve l’emplacement de l’église actuelle.

Et le château, qui dans son temps, était imprenable avec ses souterrains et sur sa hauteur, au milieu des bois est rebâti au Plat Vivier en 1625. Il sera démoli et reconstruit en 1701, et plus tard au début du siècle dernier, il sera démantelé, et beaucoup de ses grés serviront alors à consolider des chemins ou à maçonner des murs. » Etiam perière ruinae. »

Ce château de 1625 est entouré pour sa défense de viviers et de fossés (c’est le système Vauban qui se dessine déjà). C’est beaucoup avant cette date qu’existaient ces avances, c’est-à-dire 3 fortins ou fermes fortifiées à cause de proximité de frontière:
Le premier se trouvait à droite avant de franchir le Ponchaud et les Fontinettes (restent vestiges et sonorité d’un puits dont les vieux se méfiaient pour leur équipage- aucune trace de souterrain probable allant de cet endroit à l’ancien château comme on l’a prétendu).
Le deuxième montre encore son emplacement près du jardin Crespin et à côté de l’ancienne brasserie (restent douves et vestiges)
Le troisième était situé près du four à chaux et proche du cimetière actuel.

Notre château de 1625 n’était nullement comparable par exemple à celui de La Buissière qui entretenait une garde permanente de 6 hommes, ni à celui de Bruay que fit construire l’opulent Gui GUIBAUT et qui avait autant de tours que de mois dans l’année, autant de portes que de semaines, et autant de fenêtres que de jours.

Car nos seigneurs n’étaient point immensément riches. Mais à OURTON, comme à Camblain-Chatelain, les De Wignacourt étaient vénérés.

Ils étaient religieux, et ils comptaient dans leur famille des prêtres tels Anthoine de Wignacourt, abbé du monastère d’Ham en 1635, des religieuses yelles Ysabeau de Wignacourt, chanoinesse à la Chartreuse de Gosnay vers 1680.

Ils étaient aimés et ce fut souvent grande liesse et même parfois libations à certaines naissances au château, surtout en 1683, à l’arrivée en ce monde du petit Maximilien François, fils de Charles,

Maximilien de Wignacourt et de Marie, Françoise de Carnin. Il est vrai que le parrain au baptême était Maximilien François de Carnin, le riche marquis de Lillers et oncle du nouveau-né.

Ils étaient condescendants, et bien des fois les registres de la paroisse les montrent acceptant le parrainage d’un enfant de l’un de leurs manants, comme en janvier 1683 où le jouvenceau François de Wignacourt et la jouvencelle Marie-Jeanne de Wignacourt tiennent sur les fonts baptismaux la petite Marie-Françoise OBIN.

Les chemins d’autrefois étaient fort peu nombreux et ne ressemblaient guère à ceux d’aujourd’hui. Ce n’étaient que des chemins de terre se limitant au dernier champ exploité de la seigneurie ou au bois commun qui la séparait de sa voisine. L’intérieur seul du village était entretenu avec quelque soin. Notons qu’en dehors des 2 voies romaines déjà citées, les cartes d’alors mentionnent comme seul ou comme le plus grand chemin celui de Béthune. Haillicourt, Houdain, Beugin et qui passant au bas du Boismont (chemin de Lille) atteint le château, le haut et la gare actuelle de Diéval pour aboutir à Saint-Pol.

Les chemins contournent les fiefs; ils borduraient et séparaient les propriétés et les champs sans jamais les couper.

Il y a une quantité de sentiers, de piedsantes, de ruelles qui permettaient le plus court chez les voisins, en tout endroit, et surtout à l’église.

D’ Estréelles, on grimpe au Montaigut, point central primitivement ha bité où de là, on est si proche d’Houdain ou de Beugin par le bois des Hazois; au Montaigut d’où on descend vers la voyette Lavenne pour se rendre à La Comté, avec embranchement au moulin et au château et avec autre embranchement pour la Cavée.

Entre ces 2 embranchements, une belle et grande place publique – (qui sera malheureusement coupée par la route nationale construite vers 1851) existe pour réjouissances et jeux de toutes sortes: jeux de paume, de boules, de javelots…In illo tempore (en ce temps-là), ô bonne jeunesse, cette place était précieuse aux jours de ducasse, et on y dansait beaucoup de rondes après la fin des vêpres et avant le coucher du soleil, sous l’œil amusé des vieillards et du pasteur lui-même.

Notre cours d’eau, dénommé parfois le Stanfort, faisait tourner 3 moulins, l’un à Diéval, un autre chez nous, un troisième à Divion. Et à ce sujet, disons que nous sommes un jour en litige avec nos bons voisins de Divion, qui se plaignirent lors d’une année de sécheresse que nous retenions les eaux. Nous perdîmes le procès !

Imaginons-nous bien que ces nombreux et grands bois, bois des Hazois, Boismont, bois des Dames, Fiquet, de Lalihue, Louis, de La Clarence, qui donnent combustibles et matériaux à nos ancêtres se rejoignent et descendent en certains endroits jusqu’au ruisseau. Dans ces forêts, il arrive que des aigles soient
abattus. De nombreux chevreuils et sangliers, et parfois des loups (car pourquoi la rue à leus, la maison du garde à leus ?) viennent boire à la rivière où des loutres sont fréquemment captivées.

Le cours d’eau, richesse pour le pays, donne l’eau facile et abondante aux habitants et aux bestiaux. La faune de la rivière, comme celle des bois était plus riche que celle de nos jours et cela s’explique un peu par la théorie de l’érosion.

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Une époque de paix relative exista chez nous après 1559 et même pendant une grosse partie de la guerre de trente ans (1618-1648) qui comprend 4 périodes. Pendant la dernière (période française), le cliquetis des armes se rapproche. Richelieu, après avoir affaibli ses adversaires en leur suscitant des révoltes et des batailles chez eux, convoite l’Artois et en 1640, les français marchent sur les principales places fortes de la province; Aire, la Bassée, Lens et Arras.

Lens est pris et repris en 1641.

Quatre années plus tard, Gaston d’Orléans frère de Louis XIII, assiège Béthune par le Nord et pendant 2 ans, les troupes dévastent Cambrin et tous ses environs.

Puis, en 1648, Condé arrive au secours de Lens que les Impériaux viennent de reprendre et livre la bataille de Lens: l’armée ennemie est mise en pleine déroute et poursuivie jusqu’à Douai. C’est aussitôt la paix de Westphalie : finie la lutte avec l’Autriche.

Reste l’Espagne. Il faut l’abattre, et la guerre continue.

Turenne arrive en Artois. En 1656, le Maréchal, craignant que les espagnols ne vinssent à attaquer Béthune ou Arras, s’établit entre ces 2 villes sur le mont d’Houdain à Divion où ses troupes connurent milles difficultés pour s’approvisionner en eau. Comme le campement lui parut peu commode, il alla à La Buissière, mais ayant appris que les espagnols s’étaient avancés jusqu’à Lens, il se hâta de quitter Labuissière au milieu de la nuit et revient à Divion où il rangea son armée en bataille, l’aile droite sur la hauteur de Vielfort, l’aile gauche et l’infanterie dans la plaine, entre Houdain et Divion.

Le 4 septembre, à 10 heures du matin, l’ennemi parut à une lieue et demie de l’armée française, mais, voyant celle-ci rangée en bataille, il s’arrêta pour tenir conseil. La nuit empêcha le combat.

Turenne voulut profiter de l’obscurité pour s’emparer de Bruay et y mettre l’aile gauche qu’il trouvait mal placée. Après 4 heures d’embarras, il ne changea rien à ses dispositions primitives et se borna à construire quelques fortifications pour protéger cette partie de son armée.

Les espagnols s’imaginèrent alors que les français reculaient et vinrent faire des reconnaissances jusqu’à Divion. Il y eut là quelques escarmouches sans grande importance.

En 1657, Turenne prend Saint-Venant et l’année suivante, remporte la victoire des Dunes, près de Dunkerque. Cette bataille amène de suite, en 1659, la paix par la signature du Traité des Pyrénées. L’Artois était rendu à la France.

Nos alentours accueillent la nouvelle plutôt avec anxiété et sans enthousiasme. C’est que l’on n’avait pas connu en vain la domination des Maisons de Bourgogne, d’Autriche et d’Espagne le style espagnol avec ses beffrois et ses pignons de maisons, de libéralités de Mahaut et de ses successeurs à Gosnay et aux environs, des fêtes qui eurent lieu parfois dans le faste le plus princier, à Béthune surtout, la visite des souverains, par exemple à La Buissière, où Charles Quint vint coucher le 19 octobre 1650.

Aussi, il ne faut pas s’étonner de l’exode de certaines familles artésiennes en Belgique et s’il fallut dé espagnoliser la contrée.

Et puis, que peuvent désirer ou envier de pauvres gens, des travailleurs acharnés tout à leur élevage de moutons et tout à leur culture de céréales et d’oléagineux, de lin surtout (qu’on vendait pour les textiles de Flandres) et se rendant à Bruay non pas comme en 1910 pour le marché, mais au moulin folour de drap (=foulon de drap) 1361 ou à l’autre moulin por l’ole (= moulin pour l’huile).

C’est en 1638 que commencent nos registres paroissiaux. En les parcourant, on constate que la plupart des gens ne savent ni lire, ni écrire et signent d’une simple croix à la place de leur nom. On constate que les nouveau-nés sont baptisés le jour même où le lendemain de leur venue en ce monde.

Ces registres sont tenus et signés B parachus in OURTON de 1638 à 1677, par Maître Quirin Occre de 1677 à 1691, par Maître Charles Cacheva de 1691 à 1711, par Maître Pierre Noulon de 1711 à 1737, par Maître Jean-Jacques Delcourt de 1737 à 1762.

Si nous citons leurs noms, c’est que tous ces prêtres ont été inhumés dans le chœur ou dans un des côtés du chœur de l’ancienne église et que, pasteurs à la « portion congrue », ils connurent et partagèrent la vie âpre et dure de leurs ouailles pour qui ils furent lumière, consolation et réconfort.

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Louis XIV vient souvent visiter notre province reconquise. Il passa plusieurs fois à Béthune et, le 26 mai 1679 avec la Reine éblouissante de beauté, dans sa robe noire à broderies d’or.

Réjouissances et fêtes eurent lieu en leur honneur.

Vauban fortifie Béthune et Saint-Venant.

Et c’est la guerre de succession d’Espagne qui éclate.

Après une courte période de succès en Flandres, les armées de Louis XIV connaissent de lourds revers (1708): la Belgique est perdue, Lille se rend, l’invasion ennemie s’étend et Villars se replie sur les positions organisées de Béthune à Pont-à-Vendin. Il est vaincu à Malplaquet (1709) et c’est le désastre.

Eugène de Savoie établit un quartier général à Beuvry et Malbrough établit le sien à Hinges.

Béthune est donc assiégé (15 juillet 1700) et doit capituler après 40 jours de défense héroïque.
Tous ces faits amènent une misère indescriptible et des souffrances de toutes sortes pour tous les villages de notre région.
En effet, bien des habitants doivent quitter leur foyer pour se réfugier derrière les murailles de la ville voisine ou dans quelque village encore épargné. Nombreux sont ceux qui mendient pour vivre ou qui sont errants depuis 1708.

L’hiver de 1709 est terriblement rigoureux. Et après avoir percé les lignes de Villars et occupé Béthune, les forces hollandaises se répandent partout et la soldatesque continue ses pillages et ses exactions. Les populations saisies d’effroi, continuellement en état d’alarme, affaiblies par les privations, deviennent une proie facile pour les épidémies que les soldats amènent avec eux.

La mortalité prend des proportions terribles. A OURTON, où le nombre des décès évolue habituellement de 2 à 7, on compte dans cette seule année 1710, 27 morts dont 17 pour septembre et octobre.

Mêmes constatations pour nos environs: on enregistre au bourg d’Houdain, 23 décès en août, 36 en septembre, 22 en octobre; à Labuissière, 28 en août, 43 en septembre, 23 en octobre.

L’évêque d’Arras d’alors, Monseigneur Guy de Sève de Rochechouart, ému des misères de son diocèse, dans son amendement de 1710 sur les nécessités pressantes des pauvres, fait un devoir à tous de donner plus que son superflu devant tant de gens qui manquent de tout: du pain, d’effets, de tisanes, et d’assistance…

Les ennemis prennent St-Venant, occupent Labuissière et Noeux.

Les Hollandais dévastent Hersin et Divion, dont ils démolissent le château en partie. Les anglais ravagent Houdain.

L’armée française s’installe entre Houdain et Aubigny en 1710. L’année suivante, Malborough campe à Lens et à Bruay.
Puis, en 1712, Villars partant d’Hénin-Liétard remporte la victoire de Denain, elle sauve notre région.
Mais l’année suivante, Noeux est dévasté, et son église où se sont réfugiés les français est brûlée, avant le traité d’Utrecht (1713) qui met fin à cette guerre ayant amené chez nous tristes misères et grande disette.

OURTON compte en 1720: 146 habitants; Beugin: 58; Houdain: 507; Divion: 292; Labuissière: 513; Noeux: 315.

Nos registres de catholicité relatant les actes paroissiaux de 1740 à 1790 sont disparus. Par contre, il existe encore un cahier de quelques feuillets qui a été inscrit en 1778 et qui donne la nomenclature des parchemins au nombre de 18, placé dans le coffre de la sacristie. En lisant ce cahier, on constate l’ordre que les administrateurs de l’église d’OURTON mettent pour le tableau des fondations à décharger, pour la reddition des comptes annuels, pour les sommes payées ou reçues, pour les 10 baux contenus dans la même liasse et accordés par les marguilliers devant notaire,… Et titres et papiers s’échelonnent de 1712 à 1778.

Donc, concluons qu’en 1789, l’église d’OURTON possédait déjà quelques mesures de terre.

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Plus d’un demi-siècle va s’écouler ensuite dans le calme et sans histoire.
Mais 1789 arrive et nos gens qui vivaient paisibles et sans revendications apprennent peu à peu les événements de l’époque. Ils sont attachés à la monarchie dont ils espèrent beaucoup et à la religion catholique qu’ils professent. Aussi les nouvelles se succèdent, ils deviennent de plus en plus anxieux, attristés et outrés.

Pendant la 1ere année de la Révolution il n’y a pas de faits importants dans notre région et même au début la population parait accueillir favorablement les reformes de l’Assemblée Nationale.

Celle-ci a divisé la France en départements et en arrondissements.
Et OURTON dorénavant appartiendra au canton d’Houdain alors qu’avant 1789 la paroisse était du doyenné de La Comté avec Beugin, Magnicourt, Frévillers, Monchy-Breton, Bours, Diéval, Tangry, Camblain, Calonne et Divion.

Le 14 décembre 1789 parait le décret fixant l’organisation des municipalités de France.

Les élections eurent lieu a OURTON le 24 Février 1790 et comme local à l’Eglise. Furent convoqués tous les citoyens, âgés de 25ans, domiciliés depuis un an sur le terroir, payant une contribution de 3 livres et n’étant point serviteurs à gages, 17 hommes seulement furent électeurs et ils choisirent pour maire M.l’abbé DISSAUX, curé, pour les 2 officiers municipaux DELASSUS et SALOME, et pour les 6 notables destinés à former ce qu’on appelait le Conseil Général de la Commune : MAITREPIERRE, BOUCLY, CAULET, MARTIN, COUSIN, DELADIENNEE

(Plus tard, nous trouverons figurant comme officiers municipaux Boucly et puis Schepper, comme nouveaux notables, Boyaval, Florent, Bourgois, Demon, Cordonnier, Deflandre, Dorge, Petit.)

Curieuses ces premières réunions municipales où apparaissent toujours entre les membres : respect et bonne entente.

Elles se font a l’Eglise, à la maison comme au presbytère et même parfois dans la salle du Maire en fonctions.

Elles sont annoncées au prône de la Messe, affichées à la porte de l’Eglise, par le tambour municipal et par une volée de cloche pour rappel aux oublieux et au retardataires.

C’était sérieux : Le Président prononçait cette formule : « Vous jurez et promettez de ne nommer que ceux que vous avez choisis en votre âme et conscience comme les plus dignes de la confiance publique, sans avoir été détourné par des dons, promesses, sollicitations ou menaces ».

Cette formule ensuite écrite en caractère bien lisibles, était exposée à côté du «Vase » du scrutin et, en apportant son billet, chaque votant levait la main et disait a haute voix « Je le jure ».

Il y eut ensuite multiples réunions ; il serait fastidieux de les relater toutes bien qu’elles reflètent chacune la saveur de l’époque :

REUNION : pour réserver un ban spécial a l’église aux officiers municipaux, lesquels aux processions suivront le clergé, le maire en avant, ensuite les 2 officiers municipaux portant un flambeau, plus le varlet (le garde) avec une pique pour maintenir ordre et bonne tenue.

REUNION : pour assurer respect et obéissance aux lois de l’Assemblée Nationale qui exige ce serment.

REUNION : pour ordonner des précautions contre l’incendie : par exemple il est défendu de fumer la pipe près des meubles ou des maisons en chaume, il est défendu de se rendre à l’église avec un couvet (chaufferette). Et les fours et les cheminées seront visités et le « balot » de la veuve Deneuville trop près du couronnement de la toiture sera exhaussé de deux pieds et demi.

REUNION : pour se concerter sur les mesures à prendre au sujet des chiens enragés qui circulent alors qu’il y a dans la commune tant de chiens de bergers qui gardent les moutons et qu’il faut attacher à la chaine.

REUNION : pour de multiples arrêtés concernant la tranquillité des cours qu’on traverse le soir et les nombreuses amendes à infliger pour faits divers et dont l’une par exemple sera exigée de suite de ceux qui se battent au cabaret, etc.…

REUNION : pour répondre à l’ordre du district qui demande la nomenclature du terroir en sections qu’on dénommera Idalie (voisinant Houdain), Neptune (voisinant Beugin), Diane (voisinant Diéval), Couturnez (voisinant Camblain), Rhodope (voisinant Divion) et OURTON (centre).

Le 14 Novembre 1780, selon le règlement exigé, on procède à des élections au sein de l’assemblée municipale pour renouveler la moitié des notables.

Le 26 Juin 1791, Monsieur l’abbé Dissaux doit forcément donner sa démission de maire et s’éclipser. Nos édiles se réunissent au presbytère et nomment comme maire Philippe Delassus qui remercie et se récuse, et on élit Benoit Augustin Caullet

Ce dernier sera remplacé le 9 septembre 1792quand toutes les municipalités seront renouvelées par François Marie Boucly dont le courage sera à la hauteur de sa tache pendant les années tristes et pénibles qui vont venir.

En effet, après la fête de la fédération à PARIS (14 juillet 1790) l’horizon s’obscurcit plus encore. L’Assemblée Nationale a voté la confiscation des biens d’église. Aussitôt la plupart des couvents et abbayes sont fermées. On apprend la vente des meubles, bestiaux et grains, en présence du commissaire du district des maisons religieuses.

Dix hommes sont envoyés de Béthune pour faire évacuer la Chartreuse de Gosnay. En Aout 1791, l’abbaye d’Ham est également évacuée de force. Les monastères de Rebreuve, le prieuré et le couvent d’Houdain et tous les monastères qu’on connait si bien dans notre région comme ceux de Béthune, Mont-St-Eloi, Chocques, etc.… subissent le même sort. On viendra partout à la longue ces biens et le tour viendra aussi pour les quelques mesures que possédait la paroisse d’OURTON qui n’était pas riche et n’avait même point, pas plus que Rebreuve, Marles et Gauchin une table de pauvreté (espèce de bureau de bienfaisance).
Au début on vendra la chapelle de St-Vaast qui se trouvait à la sortie du village en se dirigeant sur Divion et dans le champ encore dénommé champ de la chapelle : elle sera vendue pour 30 livres à X. Puis tous les autres biens suivront et même finalement l’église et souterrain seront achetés par D à qui on la rachètera « facilement » après la tourmente passée.

Notons que le presbytère appartenait à la commune qui le loua pour le sauver. Le presbytère de alors avait une petite écurie et une grange et y attenant une pâture et un lopin de terre (Champ Pierre Delcourt et côté de l’enclos Jacques) que cultivèrent, avec son frère Pierre, maître Jean-Jacques Delcourt et, avec son frère Charles, maître Jean-François DISSAUX.
Si le 2 novembre 1790, les biens du clergé auront été mis à la disposition de la nation, il en sera de même pour les biens de la noblesse qui a émigré. Et les ventes vont s’échelonner dans toute notre région de 1791 jusqu’à l’an VII de la république.
Les de Wignacourt possédait un bon Tiers du terroir d’OURTON soit 350 mesures environ. Leur lot confisqué sera donnée pour quelques pistoles par Joseph le bon à L.C qui les recèdera à C en 1823.
De même les de Brias en possession chez nous de 4 fiefs et d’un bois perdront leurs terres dont la plupart deviendront la propriété d’étrangers.
La commune avec 6 quartiers en pâtures et en terrain (revenu 692 Fr) et même une maison avec jardin le tout loué 72 livres à Hermant : elle vendra dans la suite toutes ces propriétés pour empierrer est améliorer ses chemin. Aussi OURTON (qui compte en 1792, 273 habitants) deviendra et restera longtemps un village aux nombreux petits propriétaires terriens.
Puis c’est l’arrivée des prêtres constitutionnels ou assermentés
OURTON n’en possédera pas plus que Divion, Camblain, Dieval et La Comté. Mais la venne de ce qu’on appelle les intrus provoque souvent des incidents. A Beugin les fermes pourchasse le nouvel arrivé à coups de pierres .A Fouquières et a Verquin les femmes procèdent elle-même aux enterrements. Un certains endroits des troubles sont signalés et à St-Venant on doit faire appel à la force armée pour rétablir l’ordre. A St-Floris le nouveau venu voir arriver à sa rencontre une troupe nombreuse de tant d’hommes que de femmes armés de bâtons, deux fléaux et de fourches qui barrent la route et frappent deux citoyens qui l’accompagnent et en jettent un autre dans le fossé.
Incidents se multiplient partout. La moitié des églises du district sont fermés et les prêtres vont devoir officier la nuit et prendre de grandes précautions pour exercer leur ministère.
Pendant cette année 1792, la vie politique est très active. Nous sommes en guerre avec l’Europe depuis le mois d’avril.
Le 19 mai, nos édiles envoient par le district à l’Assemblée Constituante, une pétition. Ils protestent qu’on veut faire de leur église une annexe ou un oratoire, alors que la population si pratiquante a besoin d’un Pasteur résidant.
Le 20 juin à Lieu à Paris une insurrection que le Directoire du district apprend avec douleur et indignation et qui va précipiter une quantité d’événements attristant.
C’est d’abord la Grande peur qui parcourt et affecte tout le pays, panique due à l’annonce de brigands ou d’ennemis.
Les pillages et vols existent partout et bientôt on est obligé de monter la garde pour préserver les récoltes. (9 juillet). C’est bien malheureux, écrit-t-on dans le cahier des délibérations de l’Assemblée Municipale, de nous voir frustrer des biens que la providence divine nous a gratifiés que nous avons eu tant de peine à cultiver.
Le 26 juillet, de l’année suivante, cette garde sera encore ainsi organisée : 72 personnes formant 18 brigades de 4 personnes qui toutes les nuits de feront, à partir de 9 heures du soir, le tour du terroir pour finir le lendemain matin à la même heure, et on brûlera les futaies et les arbres qui les entourent le cimetière pour faire un feu qui réchauffera les veilleurs.
Bien plus, les brigandages et les vols armés iront en augmentant dans la suite et notamment dans les bois nationaux. Le courrier de la Malle le poste, D’Aire à Béthune, est attaqué et dévalisé près de Chocques. Des déserteurs se réfugient dans le bois et se ravitailler la nuit en fouillant les fermes aux environs. Melchior, le
garde diévalois du bois des Dames, ramènera, un jour la Maison Commune, un dénommé Lefait qui a abandonné son drapeau et s’offre à rejoindre son régiment.
En octobre 1792, on ordonné la création d’un état civil laïque et uniforme. Désormais L’Eglise se trouver dépossédait d’une fonction en quelque sorte officielle. Les déclarations étaient maintenant faites en chambre de la Commune, les publications de mariage affiché sur l’arbre de la Liberté et les actes, établis par le Maire ou les officiers municipaux. La réunion du 20 novembre en parle et les premiers registres imprimés apparaissent en L’an X.
Le 9 décembre Boucly est élu maire et les deux officiers municipaux doivent prêter serment de maintenir de tous leurs pouvoirs la Constitution en liberté et l’égalité de la république ouvrez « et de mourir en la défendant ». On nomme alors un agent national qui doit faire appliquer les lois et c’est Constant Schepper (habitant la dernière maison à droite en descendant la Cavée) qui est désigné pour cette charge. Dix notables signent le registre des délibérations.
Le 26 décembre il faut faire l’inventaire du mobilier d’église. Un notable, par peur ou par bon desseins caché, démissionne.
Voici maintenant 1793 qui amènera l’an II de la république.
En janvier, on apprend avec stupeur la mort du roi Louis XVI
Les impôts vont devenir peu faciles à récupérer et les collecteurs ou percepteurs municipaux qui se succèdent trouvent leur charge assez dure, ainsi que les gardes qui demandent augmentation de salaire.
En avril, le jardin du presbytère est loué 13 livres, la grange, 3 livres seulement à la condition que le preneur s’engage à réparer la couverture de la maison commune. L’herbe du cimetière est vendue 26 sols et l’herbe du manoir du presbytère 26 livres.
Nous avons dit que le presbytère avait été habilement loué pour le sauver et nul doute que ces quelques pauvres meubles purent facilement être dissimulés à droite et à gauche.

Mais qu’advint-il du mobilier de l’église ?
Lorsque parut l’arrêté de la Législative en août 1792, prescrivant la fonte des objets de bronze, on n’avait pas attendu celui de Novembre 1793 qui ordonnait l’enlèvement des vases sacrés et autres objets servant au culte, de quelque métal que ce soit, pour faire disparaitre moult choses, d’autant plus qu’au début de 1792, le maire Boucly, de son perron, avait aperçu un étranger qui sortait du cimetière et qui l’avait arrêté en constatant quelques menus vols. Aussi, le 20 Floréal de l’An II, quand le commissaire vint procéder à la vente des meubles « appartenant à la Nation et existant dans la cy-devant église », il ne récupérera qu’une centaine de livres pour 9 lots dont une chaire de mensonges (sic), un faux corps en bois, deux chivières, un confessionnal, deux petites niches, le fond, un banc, une lanterne, etc ….
Et lorsque parut en juillet, le décret relatif à la fonte des cloches, sauf une par église, et qu’on sut que Divion avait été soulagé de sa deuxième cloche et que Labuissière avait vu 2 de ses 3 cloches enlevées pour en faire des canons, on cacha la nôtre au Couturemez.
C’est à ce moment que parait, le 23 août 1793, le décret de la levée en masse. Cette ordonnance cause de forts mécontentements. Les désertassions sont nombreuses.
Près de notre région, après l’insurrection qui débuta à la ducasse d’Aumerval, des conscrits prennent le maquis. Cette insurrection, connue sous le nom de Petite Vendée, affecte les environ de pernes. La répression sera immédiate et brutale. On enverra contre les révoltés 6000 hommes qui cerneront les bois et il y aura 300 arrestations et même 19 exécutions capitales à Saint Pol.
Des commissaires sont désignés dans le district de Béthune pour aller dans chaque canton contrôler ce qui se passe pour toute chose. Or, le II de Pluviose arrive à OURTON le Commissaire Cornet. Il se fait remettre la liste des 15 conscrits et des 4 soldats inscrits. Schipper a soustrait son fils à la conscription. Ils sont emmenés tous 2 et jamais plus on ne le reverra. Nicolas Démon sera forcé d’accompagner Cornet dans ses visites, et le 20 de Pluviose, on nommera comme agent national Salvien Florent (qui a bâti la brasserie).
Que dire des réquisitions ?
Elles frappent principalement les campagnes et la région de Béthune qui se trouve à proximité des champs de bataille. Elles sont nombreuses et de toutes sortes. Celles que nous avons connues pendant la dernière guerre et surtout en août 1944, donnent une idée des réquisitions de cette époque. Commencées en 1792, elles atteignent leur point culminant en 1793 et continueront dans la suite.
Les forgerons ont un contingentement de piques à livrer. Les chemins sont parcourus par de nombreux chariots rassemblés d’abord à Béthune pour aller ensuite à Lille porter à l’armée des fourrages et des subsistances nécessaires. Multiples réquisitions de chevaux, de voitures, de vivres, de grains, de bottes de paille, etc… Nous aurons aussi à fournir quelques voitures de terre salpêtrières qu’il faudra construire à Divion.

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C’est en cette année 1792 que règne cette période affreuse et antireligieuse qu’on a dénommée « la Terreur ».
Grâce à son éloignement des villes importantes, à l’énergie de son clergé et à la fidélité de sa population, le doyenné d’Houdain est un de ceux qui présentent le spectacle le plus consolant pour les âmes religieuses.
Mais les prêtres sont traqués, ils ne peuvent plus exercer leur ministère qu’au péril de leur vie. Beaucoup s’exilent en Belgique, en Angleterre, et même en Espagne où un soldat de chez nous, Edouard Taquin, sera logé, coïncidence (au temps de la guerre d’Espagne, sous Napoléon Ier) chez un chapelain de Divion réfugié là-bas.
Tout ne se passe pas facilement à Houdain où existe le siège du district, et de même dans la paroisse de La Comté dont un clubiste célèbre, Pierre Hollande était la Terreur.
Divion fut encore moins heureux, et au soir du 9 Thermidor, on y comptait 3 victimes de la guillotine, 3 émigrés et 50 familles dénoncées.
A Bours, le vieux curé, M.Ducrocq est arrêté alors qu’il vient de terminer sa messe et conduit à Saint-Omer où il sera guillotiné.
Par contre, tout se passe bien à Beugin et également à Camblain-Chatelain où le prêtre se cache chez Florent Capron, et passablement à Diéval où à la mort du vénérable curé Monsieur Fauquenoy, vieillard octogénaire, exilé en Belgique, les réunions pieuses se font d’ordinaire dans la maison des Pégard, des Eloi, des Deladiennée, et des Richebé.
Et à OURTON ? Le pasteur Dissaux est admirable de courage, de zèle et d’audace.
Il se cache souvent dans la cave de Delassus, cave spacieuse à double issue et profonde (II marches d’escalier).
On raconte qu’un matin, à la suite d’une dénonciation, 2 gendarmes arrivèrent chez le maire Boucly et lui dirent : « Monsieur, le Maire, nous venons perquisitionner chez Delassus où se dissimule peut-être votre curé. » Le maire feint alors un grand civisme et d’une voix courroucée leur réplique : «  Appelez-moi « citoyen ». Je viens avec vous et nous allons saisir le curé s’il se trouve où vous pensez. »
Et aussitôt arrivés chez Delassus, le maire s’écrit : « Toi, fouille le grenier, Toi, fouille la maison, et moi, je visite la cave ! »
Et les pandores repartirent en n’ayant rien trouvé ni rien vu.
Dans l’histoire du clergé du diocèse, pendant la révolution de Monseigneur Deramecourt, « on lit que Monsieur l’Abbé Dissaux mérite une mention pour les dangers qu’il a courus en allant à La Comté et aux environs administrer les sacrements et instruire les enfants.
Et les vieux narraient qu’un matin, il se rendait à Gosnay pour y célébrer le Saint Sacrifice. Il était forcément vêtu d’habits civils, et il suivait à quelques pas sa servante qui portait dans une hotte, sur son dos, les vêtements sacerdotaux et ce qu’il fallait pour dire la messe. A La Buissière, on rencontra des gendarmes. Et la servante se tournant sur son maitre, lui cria « Habile, habile, dépêchons-nous, nous allons arriver trop tard pour le marché de Béthune. » Ils ne furent pas fouillés et M. l’Abbé Dissaux continua son ministère qu’il remplit jusqu’à sa mort survenue en mai 1817.
Son frère, l’Abbé Charles Dissaux, lui succéda pendant presque 8 années, et ensuite, OURTON eut comme pasteurs successifs : Maitres Petit (1825), Robbe (1838), Dujardin (1838), Jérôme (1880), Bouchez (1890), Laderrière (1893), Bar (1905), Delaby (1907), Martel (1910).
Pareillement, après François Marie Boucly et Augustin Caullet nommés en 1808, nous voyons ensuite siègeant comme maires en 1820 : Philippe Delassus ; en 1830 : Augustin Caullet ; en 1849 : Venant Molon ; en 1854 : Stanislas Caullet ; en 1874 : Valéry Boucly ; en 1880 : Henri Boucly ; en 1884 : Charlemagne Capron ; en 1888 : Louis Cailleret ; en 1888 : Henri Boucly ; en 1892 : Jules Boucly ; en 1896 : Henri Boucly ; en 1898 : Florent Capron ; en 1908 : valentin Deflandre a qui succédèrent Alphonse Deladiennée, Désiré Gosselin, Alphonse Deladiennée, Louis Delmotte et Jean-Baptiste Deladiennée.

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Les années qui suivirent 1793 n’abondent pas en faits importants pour le village.
En l’an II, Pierre François Martin ouvre dans sa maison une école à OURTON et prête serment.
En l’an XI, (1803), nous aurons Alexis Salmon comme instituteur et qui sera en même temps clerc, chantre, et devra aussi sonner messes, vêpres et angélus, balayer l’église, tenir propres burettes et bénitier, ôter les toiles d’araignées, etc…
En 1809, le nouvel instituteur agréé et étranger sera Pierre Planquette. C’est alors en 1810 que l’abbé Dissaux, curé de la paroisse, en qualité de commissaire pour la construction, fait édifier la première école communale dont la dépense s’élèvera pour cela à la somme de 1.398 Fr 82 centimes.
En l’an IX, on a vendu les 6 quartiers de pâtures communales pour subvenir aux chemins qui sont pitoyables et qui sont les soucis constants de nos édiles.
Et même en l’an XI et en l’an XIII, on réquisitionne, pour de nombreux charrois et de nombreuses heures de travail, les cultivateurs qui doivent réfectionner les routes en proportion de leur exploitation.
L’an XI, se font de fortes réparations à la vieille église, et l’an suivant, le curé peut récupérer totalement son presbytère et son pré qui avaient été loués.
Ce dont nos gens souffrirent particulièrement pendant ces années, ce furent des réquisitions de toutes sortes terribles : on dut même parfois participer à des convois jusqu’à Saint Omer et Lille -et ceux de 1814 où on était parti souvent pendant plusieurs jours, marquèrent. Les réquisitions d’abord pour les Français, furent faites ensuite pour les Anglais. Et puis, bientôt, conformément aux stipulations du second traité de Paris de 1815, des troupes étrangères vinrent cantonner et occuper notre région : parmi elles se trouvaient des Ecossais dont le costume (qui n’avait pas encore été popularisé par l’image et le film) étonna étrangement nos compatriotes d’alors.

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Les guerres de Napoléon terminées, notre pays connut relativement une époque de tranquillité. Pour un long temps, les malheurs de l’invasion lui furent épargnés.
On avait acclamé l’Empereur quand le 29 Août 1804 et le 24 Mai 1810, il était passé à Béthune. Mais les nombreuses réquisitions d’hommes de 1813 et de 1814 avaient alors exaspéré toute notre contrée et occasionnaient des révoltes sérieuses, menées par Louis Fruchard (appelé Louis XVII parce qu’il était le 17eme enfant de sa famille.)
Aussi, à l’effondrement de l’Empereur, on accueille avec contentement le retour des Bourbons et nos édiles écrivent même dans leur cahier de délibération leur attachement au roi, à Louis le Désiré.
Que dut-on penser pendant les 100 jours ?
On reçoit «ensuite avec faste à Béthune en 1827, Charles X comme on avait reçu l’Empereur. Les régimes ont beau changer : les révolutionnaires de 1830 et de 1848 et l’arrivée du Second Empire n’ont guère de répercussion notable dans notre village et les villages environnants dont la vie ordinaire et paisible ne s’en trouve guère modifiée.
Notons en passant l’épidémie de choléra de 1832 qui fait bien des victimes, (il en sera de même de l’épidémie de 1866) et l’érection de 1840 de notre belle Confrérie les Charitables de Saint Roch.
C’est alors au milieu du 19ème siècle que la vie économique et industrielle prend un essor considérable grâce à l’Empire qui entreprend de nombreux travaux publics, encourage l’agriculture, l’industrie et le commerce, crée des institutions de bienfaisance, favorise les institutions de crédit, etc…
Nous voyons l’apparition des premiers chemins de fer avec la ligne Hazebrouck-Béthune-Arras (1857) et quelques habitants parcourront 30 kms à pied pour contempler passer un train.
Arrive la construction de notre route nationale : celle-ci enlèvera bien des beautés à notre petite Suisse montagneuse d’OURTON, par contre elle supprime le relais de chevaux en permanence du bas de la Cavée pour la montée de la cote ardue, elle amène la construction du pont sur la Biette et donnera naissance à un trafic qui sera un siècle plus tard énorme et l’un des plus grands du Nord de la France.
Adieu donc le règne des diligences. Celle qui passait chez nous faisait Béthune St-Pol. Elle empruntait le bas d’Estréelles qu’elle contournait, elle escaladait le Montaigut, et descendait pour traverser la Biette à gué et remontant la Cavée elle gagnait Diéval par le Bois des Dames.
L’agriculture devient plus importante : les méthodes agricoles se perfectionnent, la nécessité des engrais es comprend mieux, la production de la betterave nouvellement implantée se développe, et si la culture des plantes oléagineuses diminue, par contre la culture de tous les céréales va en grand accroissement. Le troupeau bovin lui-même fera place au gros bétail.

C’est dans le domaine industriel que se produit le plus grand changement.
Jusqu’alors la région n’avait guère connu d’industries. On ne trouvait dans nos villages que quelques industries extractives (grès et pierre à bâtir) quelques papeteries écloses le long des cours d’eu Lawe et Clarence, une fabrique de lunettes à La Buissière et dans presque chaque agglomération un petit noyau de tisserands ouvrant seulement pour les besoins locaux.
La découverte et la mise en extraction du gisement bouiller amenèrent au milieu du siècle un bouleversement formidable de l’économie de la région.
Tandis que tout une partie du canton demeurait presque à peu près agricole, l’autre se trouva presque entièrement vouée au charbon.
Depuis longtemps déjà on extrayait cette houille dans le Boulonnais et dans le sud du département du Nord, mais on ignorait que le gisement décrivait au sud de Denain un brusque changement de direction.
Après la découverte accidentelle de la houille en 1841 dans le jardin de Mme Du Clercq à Oignies, où l’on creusait un forage destiné à fournir des eaux jaillissantes, après des sondages à l’Escarpelle en 1846 et d’autres résultats en de nombreux endroits par exemple en 1850 et en 1851 à Hesdigneul, Haillicourt, Bruay, La Buissière, une véritable fièvre houillère gagna le pays.
Et en 1851 le N°1 des mines de Noeux commença à produire et la 1ère voiture de charbon extrait de cette fosse fit une entrée solennelle à Béthune ; le N°1 des mines de Bruay ouvert en 1852 donna en 1855 pour sa première année de production environ 2.000 tonnes.


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